Le dernier nabab

Publié le par Spark

Le dernier nabab de Francis Scott Fitzgerald.

Ce livre présente un double intérêt, sur le fond et sur la forme.
Parlons du premier, d'abord. Le livre dans sa substance est un récit croisé, à la troisième personne d'une part, et du point de vue d'une jeune fille, Cecilia, d'autre part. Ce sont quelques années de la vie frénétique du producteur Monroe Stahr, homme talentueux, vénéré par tous et toutes dans le petit monde de l'Hollywood des années 30.

Le récit est enlevé, les scènes visionnées par le producteur et le ballet des scénarii se mêlent à la vie "réelle" des protagonistes, on croise Gary Cooper dans un restaurant et et le grand tremblement de terre vient tout bouleverser. Ce jour là, Stahr croise deux victimes du séisme et retrouve en l'une d'elles le sosie de Minna, sa femme décédée. Cette rencontre va mettre à jour les faiblesses d'un homme apparement invicible.

Quant au style, il est enlevé, certaines images sont particulièrement poétiques, ce qui détonne avec la teinte très axée sur le rationnalisme libéral de la société Hollywoodienne ; la ville s'illumine au fur et à mesure que Stahr sombre. Cependant, le récit est parfois étrangement saccadé, on se perd dans plusieurs passages, on s'égare dans des ellipses étranges.
Cela s'explique par la forme: Fitzgerald est décédé avant d'achever ce livre, qui n'a donc pas été travaillé. A la fin du bouquin figurent ses notes, et on peut vraiment observer la façon de travailler de l'auteur de Tendre est la nuit ou Gatsby le magnifique. Au détour des dernières pages quelques phrases isolées, qu'il aurait sûrement voulu intégrer à l'un ou l'autre paragraphe, touchent par leur inachèvement:
- Voyage en avion:
Mon rêve bleu d'été dans une nacelle comme un cerf volant retenu par une ficelle contre le vent

Publié dans Lectures

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