Le Dernier Roi d'Ecosse

Publié le par Spark

arton3977.jpgLe Dernier Roi d'Ecosse, c'est la première bonne surprise que j'ai eue cette année (bon d'accord c'est ma faute si je choisis mal ce que je veux voir). Pour ceux qui ne seraient pas au courant, le film raconte l'histoire d'un jeune médecin écossais, Nicholas Carrigan, qui par lassitude vis-à-vis de sa famille très old school, s'en va bourlinguer en Ouganda, histoire de se distraire un peu (et non, il n'est pas doté d'un sens profond de l'humanitaire). Il rencontre par hasard Amin Dada, général fraîchement parvenu à la tête du pays, et devient son médecin personnel, son conseiller...son bouffon. A travers les yeux de ce petit blanc bec, on découvre peu à peu que le leader charmeur, drôle, d'apparence généreux, est en réalité un tyran dévoré par la folie, particulièrement cruel envers ses opposants et imprévisible.
Maintenant que la trame est mise parlons un peu de la construction du film. Le réalisateur ecossais McDonald, à l'origine auteur de documentaire, se met pour la première fois à la fiction, et signe un film puissant, rigoureux, assez fin en comparaison à Blood Diamond
Une bande son bien choisie, une mise en scène forte bien que très classique, et de grands moments d'angoisse et de tension... On n'échappe évidement pas à des scènes assez glaçantes (La vengeance style grosse boucherie sur la femme d'Amin Dada et le supplice de Carrigan) .On voit un bon film en plus de sortir moins con. Les acteurs se débrouillent très bien, Forrest Withaker (pardon pour l'orthographe) est très convaincant en tyran lunatique, dont on craint constamment les explosions de fureur et qui nous surprend par ses éclats de rire affables. James McAvoy, l'interprète de Carrigan, est tout à fait convaincant en médecin complètement naïf qui ouvre les yeux au bout d'un sacré bout de temps.

Maintenant, un point sur lequel j'aimerais avoir votre avis, parce qu'il me turlupine un peu.
Je me suis sentie assez mal en sortant de la salle, en me rendant compte que j'avais été plus touchée par ce qui pouvait arriver à Carrigan, personnage fictif, que par les africains qui sont réellement tombés comme des mouches autour de lui. Et ce n'est pas la première fois que ça m'arrive, et je pense que je ne suis pas la seule à avoir ressenti ça: malgré le fait que nos mentalités aient évolué, et en l'absence de tous préjugés racistes, on est toujours obligé de mettre des blancs en scène pour être plus touchés par les messages sur la détresse de l'Afrique noire.
Prenez Le Dernier Roi d'Ecosse, qui montre le drame Ougandais à travers les yeux d'un médecin blanc (et ce point de vue étouffe peut être un peu trop les 300 000 morts du fait du régime d'Amin Dada!). Blood Diamond, pareil, avec le chasseur de primes et la journaliste qui dissertent sur l'état et l'avenir de l'Afrique. Idem pour Lord Of War, The Constant Gardener...

Pensez-vous qu'on serait aussi touchés par l'histoire s'il n'y avait que des acteurs noirs, ou nous faut-il absolument des blancs, même fictifs, pour mieux nous identifier au problème?
et ses messages parfois un peu bateau. L'attitude des anglais, qui ont mis Amin Dada au pouvoir pour ensuite le discréditer une fois trop de sang versé, celle des blancs plus généralement, avec leur condescendance post colonialiste envers l'Afrique noire (Carrigan n'est pas un mauvais bougre, mais il est plus sale gosse qu'autre chose au début du film), et enfin la différence de rapport à la guerre entre l'Afrique et l'Occident, sont les idées principales du film.
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Publié dans Cinéma

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