Virus
Sémiologie:
Les premiers symptomes apparaissent vers dix ans. Le sujet a besoin de crier après tout et n'importe quoi, mais est un peu trop timide. La tentative de journal intime intervient alors. Le sujet développe alors de grandes aptitudes à la dissimulation, car ses proches aiment à fouiner dans ses affaires, ce qui augmente le sentiment de révolte chez lui. Mais le sujet se lasse vite des questions sans réponses qu'il ne prend même plus la peine d'écrire. Les pages se couvrent de futilités.
Le sujet se plonge alors dans les livres. C'est une véritable boulimie de mots qui le prend. Il lit sans comprendre des pages et des pages d'épais romans, se gave de mots, absorbe les phrases, s'imprègne d'émotions puissantes. Il découvre qu'on peut tout écrire, faire ce qu'on veut des personnages, recréer à l'envi des situations, prolonger son plaisir.
Le sujet ouvre un cahier de brouillons; y fait l'ébauche d'histoires cent fois racontées, raconte à sa manière les histoires qu'il connaît. Les cahiers s'entassent, s'amoncellent au fond du coffre, des personnages maladroits aux noms extravagants sont abandonnés aux prises avec d'ignobles mafieux, des sheriffs impitoyables ou des créatures oubliées.
Le sujet écrit tout ce qu'il peut là où il peut. Il écrit de toutes ses forces, remanie dix fois les quelques lignes d'un éditorial, fignole une rédaction, recopie une lettre dont il n'a pas aimé certaines tournures.
Le sujet est alors atteint du Virus. Il a besoin d'écrire, même si c'est à pleurer tant c'est mauvais, même si ses idées ne sont que des ébauches de pensée. Noircir des pages entières est devenu sa drogue, et le manque le prend aux viscères lorsqu'il ferme l'oeil sans avoir écrit une ligne de la journée.
Posologie:
En l'absence de certitudes sur l'origine du Virus et sa durée de vie, il conviendra au patient d'assouvir comme il le pourra sa soif de raconter, de progresser.
Avec un peu de chance, ça ne passera jamais.
Les premiers symptomes apparaissent vers dix ans. Le sujet a besoin de crier après tout et n'importe quoi, mais est un peu trop timide. La tentative de journal intime intervient alors. Le sujet développe alors de grandes aptitudes à la dissimulation, car ses proches aiment à fouiner dans ses affaires, ce qui augmente le sentiment de révolte chez lui. Mais le sujet se lasse vite des questions sans réponses qu'il ne prend même plus la peine d'écrire. Les pages se couvrent de futilités.
Le sujet se plonge alors dans les livres. C'est une véritable boulimie de mots qui le prend. Il lit sans comprendre des pages et des pages d'épais romans, se gave de mots, absorbe les phrases, s'imprègne d'émotions puissantes. Il découvre qu'on peut tout écrire, faire ce qu'on veut des personnages, recréer à l'envi des situations, prolonger son plaisir.
Le sujet ouvre un cahier de brouillons; y fait l'ébauche d'histoires cent fois racontées, raconte à sa manière les histoires qu'il connaît. Les cahiers s'entassent, s'amoncellent au fond du coffre, des personnages maladroits aux noms extravagants sont abandonnés aux prises avec d'ignobles mafieux, des sheriffs impitoyables ou des créatures oubliées.
Le sujet écrit tout ce qu'il peut là où il peut. Il écrit de toutes ses forces, remanie dix fois les quelques lignes d'un éditorial, fignole une rédaction, recopie une lettre dont il n'a pas aimé certaines tournures.
Le sujet est alors atteint du Virus. Il a besoin d'écrire, même si c'est à pleurer tant c'est mauvais, même si ses idées ne sont que des ébauches de pensée. Noircir des pages entières est devenu sa drogue, et le manque le prend aux viscères lorsqu'il ferme l'oeil sans avoir écrit une ligne de la journée.
Posologie:
En l'absence de certitudes sur l'origine du Virus et sa durée de vie, il conviendra au patient d'assouvir comme il le pourra sa soif de raconter, de progresser.
Avec un peu de chance, ça ne passera jamais.
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