Les promesses de l'ombre

Publié le par Spark


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Avec Naomi Watts, Viggo Mortensen et Vincent Cassel.

Synopsis Allociné:
    Bouleversée par la mort d'une jeune fille qu'elle aidait à accoucher, Anna tente de retrouver la famille du nouveau-né en s'aidant du journal intime de la disparue, écrit en russe. En remontant la piste de l'ouvrage qu'elle tente de faire décrypter, la sage-femme rencontre Semyon. Elle ignore que ce paisible propriétaire du luxueux restaurant Trans-Siberian est en fait un redoutable chef de gang et que le document qu'elle possède va lui attirer de sérieux problèmes...
Pour Nikolai, chauffeur et homme de main de la toute-puissante famille criminelle de l'Est, c'est le début d'une remise en cause. Entre Semyon et son fils Kirill, prêts à tout pour récupérer le journal, et l'innocente Anna, sa loyauté va être mise à rude épreuve. Autour d'un document qui se révèle de plus en plus explosif, plusieurs vies sont en jeu, dont la sienne, alors que se déchaînent les meurtres et les trahisons dans la famille comme dans la ville...

Critique:
    Avant tout, je vais commencer par les défauts, comme ça, ça, ce sera fait. Pour moi, à l'instar de A history of violence, Les Promesses de l'ombre aurait vraiment frisé la perfection si on ne devinait pas la moitié des trucs avant qu'ils n'arrivent. Bien sûr, Cronenberg n'est peut être pas partisan des histoires à coups de théâtre fous, et à intrigues entortillées, mais être réellement intrigué par les ressorts du scenario ou soufflé par un bon coup de théâtre n'est jamais mauvais pour le spectateur... c'est ce qui manque un peu à ce film, je trouve, même si la fin m'a plutôt réservé une bonne surprise.

Ensuite, le défaut qui n'en est pas un: l'usage de la violence. Le petit coeur sensible (bon, d'accord, j'ai la phobie du sang) que je suis a palpité d'horreur à plusieurs reprises dans le film. Bien qu'à petite dose, j'y prenne un certain plaisir, quand la violence atteint un certain degré, il s'opère chez moi une sorte de blocage, qui me détache totalement de l'histoire et m'empêche de profiter du film. En gros, je fixe les images sans vraiment les regarder. C'est à peu près ce qui m'est arrivé hier soir, lors de la scène de la bagarre dans les bains. Elle est carrément sublime (le parallélisme entre le combat pour la vie d'un homme nu dans ce décor carrelé et la naissance de la petite Christine au début du film est extraordinairement poignant), mais les derniers coups -:peureu:"mais lâche ce crochet, Viggo!"- m'ont forcée à décrocher. Quel dommage!
Alors de la violence, oui, inutile, ok, parce qu'après tout, la violence gratuite existe vraiment, mais trop de violence tue la violence, et dans Les promesses de l'ombre, j'ai trouvé Cronenberg un peu trop sur le fil du rasoir. Je comprends bien sûr qu'on ne partage ni ma sensibilité, ni mon point de vue sur la question.

A présent, les qualités, et elles sont nombreuses.
La mise en scène est splendide, vidée de toute fanfreluche sans être dénudée. Certains plans sont d'une beauté qui remue le gros intestin ( je pense à ceux sur le bébé, ainsi qu'au passage de l'accouplement - y'a pas d'autre mot - entre Nikolaï et la prostituée ukrainienne).
Le jeu des acteurs est impeccable. Naomi Watts, sa mère et son tonton crétinou sont parfaits en quidams partagés entre la terreur et le désir que justice soit rendue, Vincent Cassel prend plus de temps à convaincre mais s'avère touchant dans sa violence aveuglément gaie. Viggo Mortensen est tout simplement magnifique. Non seulement c'est la première fois que je le trouve beau dans un film ( oui mais non, le fait qu'on voit son arrière train n'y a pas fait grand chose), mais il donne à son personnage une duplicité géniale, une froideur de bourreau démentie par un regard parfois très tendre, un frôlement de doigts, une petite phrase ou un baiser dérobé (qui m'a tiré une larme).
J'ai bien aimé aussi le fait que Cronenberg ait accordé une grande place dans son intrigue à l'intolérance et au racisme qui caractérisent malheureusement une partie de la société Russe contemporaine, du fait de l'isolationnisme et de la pauvreté.


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Publié dans Cinéma

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