Au boulot! (Deuxième partie: vertige)
Mine de rien, pendant mes vacances, je n'ai pas totalement rien fait. Après avoir fait la chasse aux avocats spécialisés dans le droit social en piochant les adresses de vingt-cinq d'entre eux dans les pages jaunes, j'ai envoyé à chacun un petit CV accompagné d'une lettre de motivation.
J'avoue être très sceptique quant aux réponses. J'ai beau ne demander qu'un stage, donc aucune rémunération, très peu de praticiens accueillent des étudiants dans leur cabinet. Par ailleurs, mon DEUG ne vaut pour ainsi dire rien, et je n'ai pas de pistons dans le milieu. C'est donc bardée d'optimisme que je vais poursuivre ma recherche d'un stage, en contactant aussi les tribunaux de la ville et les services des ressources humaines de plusieurs entreprises.
D'ailleurs, j'ai déjà reçu deux réponses -négatives bien sûr- à ma première vague de lettres! Les deux me souhaitent une bonne chance dans la recherche d'un stage, et dans la poursuite de mes études.
D'ailleurs, où en sont-elles, celles-là?
Je suis en pleine période de doutes. Du moins, de craintes. Au mois de juin, si tout continue de bien se passer, j'aurai ma licence. Ensuite, ce sera le Master. La première année, j'espère la faire à Strasbourg (l'obtention d'un stage étant l'une des conditions). La suivante, je souhaite la passer ailleurs, à Montpellier par exemple, parce qu'il faut que je respire, que je prenne de la distance. Déjà, là, je me sens étouffer rien qu'en pensant que j'ai déjà un chemin plutôt bien tracé (d'autres sont affolés par l'inverse, comme quoi on n'est jamais content), que les années d'études vont s'enchaîner rapidement jusqu'à -oh my god- ma vie professionnelle. J'ai peur de ne plus être étudiante, j'ai peur de me lever chaque matin pendant des dizaines d'années et que mon boulot ne me plaise finalement pas. J'ai peur que, s'il me plaît, il me bouffe. J'ai peur de grandir, de devenir une adulte. J'ai peur de ne pas pouvoir profiter d'une tonne de choses auxquelles je n'ai pas encore goûté, peur de ne plus être libre. J'ai peur de travailler en abandonnant mes convictions sociales et politiques. J'ai peur de ne plus pouvoir écrire, de ne plus avoir le temps. Et désirer en partie ces choses que je redoute, en même temps, me trouble aussi. J'aimerais me projeter dans l'avenir pour me rassurer, pouvoir prendre de la distance, m'assurer que j'aurai toujours, pour m'échapper et respirer, des portes de sortie.
J'avoue être très sceptique quant aux réponses. J'ai beau ne demander qu'un stage, donc aucune rémunération, très peu de praticiens accueillent des étudiants dans leur cabinet. Par ailleurs, mon DEUG ne vaut pour ainsi dire rien, et je n'ai pas de pistons dans le milieu. C'est donc bardée d'optimisme que je vais poursuivre ma recherche d'un stage, en contactant aussi les tribunaux de la ville et les services des ressources humaines de plusieurs entreprises.
D'ailleurs, j'ai déjà reçu deux réponses -négatives bien sûr- à ma première vague de lettres! Les deux me souhaitent une bonne chance dans la recherche d'un stage, et dans la poursuite de mes études.
D'ailleurs, où en sont-elles, celles-là?
Je suis en pleine période de doutes. Du moins, de craintes. Au mois de juin, si tout continue de bien se passer, j'aurai ma licence. Ensuite, ce sera le Master. La première année, j'espère la faire à Strasbourg (l'obtention d'un stage étant l'une des conditions). La suivante, je souhaite la passer ailleurs, à Montpellier par exemple, parce qu'il faut que je respire, que je prenne de la distance. Déjà, là, je me sens étouffer rien qu'en pensant que j'ai déjà un chemin plutôt bien tracé (d'autres sont affolés par l'inverse, comme quoi on n'est jamais content), que les années d'études vont s'enchaîner rapidement jusqu'à -oh my god- ma vie professionnelle. J'ai peur de ne plus être étudiante, j'ai peur de me lever chaque matin pendant des dizaines d'années et que mon boulot ne me plaise finalement pas. J'ai peur que, s'il me plaît, il me bouffe. J'ai peur de grandir, de devenir une adulte. J'ai peur de ne pas pouvoir profiter d'une tonne de choses auxquelles je n'ai pas encore goûté, peur de ne plus être libre. J'ai peur de travailler en abandonnant mes convictions sociales et politiques. J'ai peur de ne plus pouvoir écrire, de ne plus avoir le temps. Et désirer en partie ces choses que je redoute, en même temps, me trouble aussi. J'aimerais me projeter dans l'avenir pour me rassurer, pouvoir prendre de la distance, m'assurer que j'aurai toujours, pour m'échapper et respirer, des portes de sortie.
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