Into the Wild
Au vu des questions que je me pose en ce moment (cf. l'article juste en dessous), je sentais qu'il me fallait voir le nouveau film de Sean Penn. Malheureusement, parmi mes amis, personne ne voulait le voir. "Trop contemplatif", expliquaient certains, "je n'aime pas Sean Penn", disaient d'autres. Les rares bonnes âmes que j'avais réussi à mobiliser s'étaient finalement décommandées pour divers empêchements techniques.C'est donc seule que je suis allée voir Into The Wild - la première fois que je me rends sans personne au cinéma!-, et plus j'y repense, plus je me dis que c'était la meilleure façon d'en profiter. D'ailleurs, je n'ai pas du être la seule de cet avis, le public présent en cette fin d'après midi était pour moitié composé de filles de mon âge, venues seules, c'était la première fois que je voyais ça.
Passons les considérations personnelles et parlons du film en lui-même.
- Attention, cette critique contient des spoilers -
Into the Wild raconte l'histoire de Chris, vingt deux ans, dont l'avenir brillant est déjà tout tracé. Cependant, le jeune homme féru de Jack London et Boris Pasternak ne supporte plus son existence trop polissée, ni le mensonge dans lequel il a grandi. Ne se sentant même plus honnête envers lui-même, il décide de tout quitter, et s'élance seul à travers les Etats-Unis, des vastes champs de blé de l'Arkansas au grand canyon, avec pour objectif final celui d'atteindre l'Alaska. Son périple durera deux ans, durant lesquels il traversera des paysages splendides, rencontrera d'autres solitaires, d'autres idéalistes, qui seront irradiés par sa lumière.
L'expression est un peu ridicule, mais proche de ce que j'ai pu voir: Chris est l'incarnation même de l'idéal qu'il recherche. Jeune, beau, charismatique, intelligent, idéaliste, courageux, presque invincible ; même dans les pires errances, on croit en lui comme il croit en ses convictions. On tombe amoureux, non pas de lui, mais de tout ce qu'il représente, quelque chose qu'on espère tous atteindre, le bonheur.
Certains voient dans la fin tragique que connaît Chris (l'issue du périple du véritable Christopher MacCandless, dont le film est tiré, est moins funeste) une forme de nihilisme de la part de Sean Penn. Ce n'est pas du tout ce goût qui m'est resté sur la langue une fois le film achevé. Ce n'est pas l'impossibilité du bonheur que nous démontre le réalisateur par la mort de Chris, seul, prisonnier de la nature, terrifié, mais son absence dans les extrêmes.
On ne peut être heureux ni dans un carcan, ni dans l'infini. Chris le lit dans Le docteur Jivago, puis l'écrit lui-même: le bonheur n'existe que s'il est partagé.
Que dire de plus, sinon que ce furent 2h27 très agréables, pour les yeux (les paysages sont beaux à pleurer) comme pour la tête.

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