La conjuration des imbéciles - John Kennedy Toole
Ce bouquin de 475 pages environ se distingue avant tout par la petite histoire de son auteur. John Kennedy Toole n'a pas eu de son vivant le plaisir de voir La conjuration des imbéciles publié, apprécié et récompensé par un prix Pulitzer; persuadé de son manque de talent, il s'était suicidé à l'âge de trente deux ans. C'est grâce à l'opiniâtreté de sa mère, qui harcela Walker Percy (professeur d'université, écrivain et auteur de la préface du roman) jusqu'à ce que celui-ci daigne lire l'oeuvre de son fils, que les tribulations de l'odieux et obèse Ignatius Jacques Rilley sont parvenues à des milliers de lecteurs.Une fois mis en place cet arrière plan peu commun, quelques mots sur le roman en lui même. La conjuration des imbéciles raconte la piètre existence d'un dégoûtant intellectuel vivant à trente ans passés chez sa pochetronne de maman, à la Nouvelle Orléans. Ignatius -c'est son petit nom-, suite à un malencontreux accident automobile, se voit obligé de chercher du travail, situation qui occasionne chez lui tracas gastriques et réflexions psycho-sociologiques. Le massif chercheur d'emploi, tel un astre, attire dans son orbite des seconds couteaux satellitaires, placés bon gré mal gré sur la roue de la fortune: Gus Levy, patron d'usine déserteur, Jones, afro américain gouailleur, employé chez la terrible et louche Lana Lee, ou encore Mancuso, policier contraint de passer par les affres du ridicule pour arrêter des suspects.
Le tout est raconté sur un ton ironique, satyrique, un peu comme un Candide ou un essai de Swift (à qui Toole a emprunté l'idée de cette "conjuration des imbéciles", qui se forme toujours en présence d'un génie). C'est très bien écrit, et malgré certains temps morts (particulièrement dans la première moitié du livre), le tout reste très agréable à lire, enlevé, burlesque et tragique. Á lire en prenant son temps.
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